Vendredi 14 mars 2008
De l' Armor à l'Argoat,  des Côtes d'Armor  au Morbihan, du Finistère à l'Ile et Vilaine, sans oublier la Loire Atlantique, je me promène partout en Bretagne  au grè de ma fantaisie, sans itinéraire précis et je fais des photos.

Mon port d'attache, c'est Guingamp, pieta-du-calvaire-de-La-martyre.jpg bien situé pour rayonner un peu partout  en Bretagne.

En matière de photos, difficile d'être originale, la Bretagne est photogénique, la Bretagne est et a été photographiée sur toutes les coutures.

Mais pour moi, ses paysages sont tout neufs et cela m'amuse de voir  à mon tour ce que tant d'écrivains ont vu avant moi et  sans vergogne j'ajoute leurs mots à mes photos.
par Rosalie
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Vendredi 14 mars 2008
Guingamp est une ville bien calme , on ne se douterait pas  que depuis le XIIème siècle  elle  a connu  autant  de tourments, invasions , guerres  civiles, épidémies .

Son monument  le plus remarquable est undefined  la Basilique, Notre-Dame -du-bon secours !


Dans le Barzaz Breiz, Le  vicomte Hersart de la Villemarqué  publie un chant populaire très répandu qui a pour titre LE SIEGE DE GUINGAMP

En voici un court extrait :
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La duchesse Anne en l'entendant courut à l'église, et se jeta
à deux genoux sur la terre froide et nue :

- Voudriez-vous Vierge Marie ! voir votre maison changée en écurie ,  votre sacristie en cellier, et votre
maître-autel en table de cuisine !

Elle parlait encore, qu'une grande épouvante s'était emparée de la ville : un coup de canon venait d'être tiré
et neuf cents hommes étaient tués ;

Et c'était le plus affreux vacarme; et les maisons tremblaient, et toutes les cloches sonnaient
tumultueusement, sonnaient d'elles-mêmes dans la ville.

Page, page, petit page, tu es léger, gaillard et vif  ; monte vite au haut de la tour plate, pour voir qui met
les cloches en branle.

Tu portes une épée au côté ; si tu trouves quelqu'un là-haut; si tu trouves quelqu'un qui sonne
plonge-lui ton épée au coeur. -

En montant, il chantait ; en descendant, il tremblait. - Je suis monté jusqu'au haut de la tour
plate, et je n'ai vu personne ;

Et je n'y ai vu personne que la Vierge bénie, que la Vierge et son fils, vraiment ; ce sont eux
qui mettent les cloches en branle -

Le prince félon dit alors à ses soldats : - Sellons nos chevaux, et en route !
et laissons leurs maisons aux saints !undefined
                                                                      La vierge noire

Ce qu'en dit Anatole Le Braz
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De son antique passé ducal, Guingamp, qui fut le chef-lieu du Penthièvre, a conservé quelques beaux vestiges : son église d'abord, dont le portail, jour et nuit constellé de la flamme des cierges votifs, fait, derrière sa grille admirablement ouvragée, l'effet d'une monumentale chapelle ardente où trône, étrange et mystérieuse, une Vierge noire, vêtue d'or et de brocart, l'icône peut-être la plus priée de Bretagne, Notre-Dame Marie de Vrai Secours......

par Rosalie
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Lundi 17 mars 2008
abbaye-de-Co-tmalouen.jpg

Charles de Keranflec'h : Voyage dans les montagnes du centre Bretagne en 1857.




.........On dirait un grand fantôme , majestueusement drapé dans un suaire en lambeaux.  C'est l'abbye de Coëtmalouen, fondée le 25 juin 1142, par ,Alain le Noir, comte de Penthièvre.
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Malgré l'état de dégradation très avancé des ruines, sans avoir une imagination très puissante, il est très facile d'en reconstituer le plan et de reconnaître que l'édifice a été reconstruit en entier au siècle dernier ; il suffit pour cela de posséder les plus simples notions des règles qui présidaient à la disposition de tous les bâtiments claustraux.
Trois corps de logis entouraient un préau, dont une chapelle placée au nord, comme à Bon Repos et à Bégar, formait le quatrième côté. elle figure une croix latine sans bas-côtés, aux proportions nobles et harmonieuses malgré les formes néo-classiques de l'architecture.
A l'exception du pignon du transept sud, qui se reliait aux bâtiments d'habitation, les murs sont encore à peu près intacts. L'intérieur offre le spectacle le plus triste à voir ; partout les ronces et les épines ont recouvert le pavé bouleversé.
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Charles de Keranflec'h : Voyage dans les montagnes du centre Bretagne en 1857.

Aujourd'hui "les ronces et les épines" ont disparu.  On prend soin de cet impressionnant édifice qui ressemble à un décor de cinéma.

par Rosalie
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Lundi 24 mars 2008
Commentaires de Prosper Mérimée


De toutes les abbayes que j'ai visitées en Bretagne, je trouve que celle de Beauport est la plus belle, la plus romantique.

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Voici ce qu'en disait Prosper Mérimée inspecteur des monuments historiques en 1835 :
"et tandis que le chevalier en guerre avec tout le monde, ne songeait qu'à se bâtir une forteresse imprenable, l'abbé embellissait sa demeure et goûtait les jouissances que donnent l'imagination et les arts.
Voilà quelles étaient mes réflexions lorsque se déroulait à mes yeux le magnifique panorama de la baie de paimpol, à l'entrée de laquelle on voit les ruines de l'abbaye de Beauport.








C'est en vérité un lieu admirable, et j'avais de la peineà détacher mes regards de cette mer blanchissante d'écume, d'oû sortent ça et là les têtes verdâtres d'une multitude de rochers aux formes fantastiques. Ce coin de terre semble exceptionnel. J'y voyais avec surprise prospérer des arbres du midi de la France. Oubliant leur soleil natal, des myrtes, des mûriers, des figuiers gigantesques couvraient la plage, laissant presque tomber leurs fruits dans les flots. Que devait être Beauport, lorsque de riches oisifs l'habitaient, croyant peut-être servir Dieu en ornant leur demeure ?
Aujourd'hui, les bâtiments de l'abbaye tombent en ruines ; on y exploite une ferme que le propriétaire ne visite que rarement dans la saison des chasses. (...)


ABBAYE.JPG
Vendue comme Bien national à la Révolution, l'abbaye a été classée Monument Historique en 1862 et rechetée en 1992, par le Conservatoire du Littoral pour être sauvegardée.



par Rosalie
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Dimanche 18 mai 2008
Texte d' Anatole Le Braz
Extrait de "Vieilles chapelles de Bretagne"


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"Le Ménez-bré ! Les deux vocables qui le désignent ont, l'un et l'autre, le sens de "montagne". Et, pour les plaines mouvementées du Trégor, qu'il couronne de sa masse souveraine, il est en effet, le mont des monts. Ce caractère unique de majesté, il le doit moins à son altitude qu'à sons isolement. Vedette détachée de la chjaîne de l'Arrée, dont la ligne s'efface derrière lui vers le sud, il semble trôner seul dans l'illimité. On dirait d'une espèce de Sinaï armoricain, sauf qu'il n'y a rien de rude ni d'impérieux dans son aspect. Il domine, il n'écrase point.

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Elle se dresse, cette chapelle, au chevet du mont, nue, solitaire et de partout visible comme lui. Rares sont les pélerins qui se hasardent à troubler sa paix un peu farouche. On se contente, le plus souvent, d'invoquer d'en bas, à distance, le saint qu'elle abrite. Nos chanteurs nomades s'y acheminaient, jadis, une fois l'an, pour demander au père de leur confrérie de féconder leur inspiration, de renouveler dans leur être l'awen, le souffle sacré."
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par Rosalie
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Vendredi 29 août 2008
 "Mon voyage en Bretagne : Carnet de route" 1867-1868 Fanny Bury Palliser. ..............................................................

 On s'est rendu à pied à la petite chapelle de Saint-Léonard, pittoresquement située sur un monticule. Elle fut construite par Charles de Blois, à son retour de captivité en Angleterre, et dédiée par lui à Saint Léonard, le saint patron des prisonniers, contemporain de Clovis de qui il avait obtenu la permission de libérer tous ceux qu'il trouverait en prison. Au mois de mai, tous ceux qui sont atteints de fièvre s'en vont chez Saint Léonard chercher, sur les murs de la chapelle, des escargots qui les guériront de leurs maux. Il faut qu'ils les ramassent eux-mêmes, qu'ils les concassent et qu'ils les mettent dans de petits sacs qu'ils s'enrouleront autour du cou. Dès que la fièvre les quitte, ils s'en vont enterrer leurs sacs au pied de la chapelle, et s'ils n'accomplissent pas cette cérémonie, la fièvre les reprendra. On a trouvé des quantités de ces sacs, faits de toile grossière, à moitié enterrés sous les murs de la chapelle. Il y a ici, chaque année, un pardon à l'occasion duquel seulement la chapelle est ouverte. ..................................................................
par Rosalie
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Mercredi 3 septembre 2008
Voyage en Bretagne, Par les champs et par les grèves - Gustave Flaubert

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Le calvaire, petit monument de granit, carré, dont chaque face représente un tableau de la vie de Jésus-Christ, et dont les quatre coins sont occupés par les évangélistes dans leurs attributions. Les personnages, un peu lourds, n'en sont pas moins mouvementés, vivants, amusants : les hommes qui tiennent le Christ le lient de toutes leurs forces, à faire éclater leurs muscles ; celui qui lui grimace au nez en tirant la langue grimace si bien qu'il fait rire ; l'âne qui porte Notre-seigneur entrant à Jérusalem a une vraie mine d'âne, bonasse et pacifique : les soldats qui le mènent au calvaire, en soufflant de la trompe et battant du tambour, sont précédés d'un officier chevauchant, la figure en l'air, avec une arrogance sublime ; aux pieds de la croix la Madeleine en pleurs répand sa belle chevelure tressée. mettez à tous ces personnages les costumes des tableaux de Teniers, les petits chapeaux ronds retroussés, les bons pourpoints serrant de grosses bedaines, de grandes manches, des hautes chausses, de larges visages, des yeux ouverts, et vous aurez un ensemble d'une fantaisie solide, quelque chose de très naïf, de très élevé et d'une poésie toute moyen âge, quoique le monument n'ait été construit qu'en 1602 en acquittement d'un voeu fait quatre ans auparavant à propos de je ne sais quelle épidémie qui ravageait la Basse-Bretagne.
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N.B Voyage en Bretagne par les champs et par les grèves est un récit de voyage fort intéressant. Flaubert le fit en compagnie de Maxime Du Camp, mais dans mon édition de poche, l'éditeur n'a retenu que la partie flaubérienne, dommage ! Je vais essayer de me procurer l'édition intégrale  si toutefois elle existe.
par Rosalie
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Lundi 8 septembre 2008
L'ange de sainte véronique, poèmes de Morven le Gaëlique : 


"Allez du côté des remparts
sur la promenade des remparts.
Prenez des torchons propres avec vous
du beau linge fin,
disait un ange à Sainte Véronique
- Et que ferais-je près des remparts
sur la promenade des remparts
Que ferais-je du linge fin ?
- Un condamné à mort vous le verrez
vous verrez un condamné
avec les bois de Justice sur le dos.
 
Deux autres seront près de Lui                                                                                                                 
deux condamnés avec leurs gibets
avec leurs gibets sur le dos.
La foule ne manquera pas,
Des trois l'un est innocent :
il est venu sur terre pour vous sauver tous de l'enfer.
- Et comment reconnaître Celui qui est un agneau ?
- A la couronne qu'il aura sur le front.
- A la couronne je le reconnaîtrai
et son sang je l'essuerai
ses pieds salis je les essuierai
avec mon torchon neuf, avec mon tablier.
- Il vous faut du courage à cause des soldats
Vous garderez la toile marquée par ce sang-là
Tenez-la à la main le jour que vous mourrez
Au grand Saint Pierre du ciel vous la lui montrerez !"

Max Jacob

Sainte Véronique, calvaires de Plougastel et Guimiliau
par Rosalie
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Jeudi 11 septembre 2008
Extraits de Menhir
(Discours prononcé en août 1928 par le poète Saint-Pol-Roux à l'occasion de la restauration des alignements mégalithiques de Lagatjar.
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Carnac et Lagatjar sont des pages lumineuses que le temps n'a pas déchirées. Ces chefs-d'oeuvre ont persisté ; la science est venue nous apprendre à les lire, comme par une énorme méthode Braille, en appuyant sur eux le regard de notre émotion.
Et ces pierres assemblées nous prennent comme une symphonie, car à les connaitre elles deviennent harmonieuses sous leur dureté, ces pierres n'étant dures, semble-t-il, à la longue, qu'à force de tendresse accumulée.
En vérité, l'une suivant l'autre, ces pierres forment pour moi, Solitaire de Lagatjar et leur voisin immédiat depuis un quart de siècle, un clavier gigantesque où la touche blanche de la lumière en majeur, tandis que l'énergie du ciel déploie la gamme des saisons et les arpèges des journées.
D'où ces alignements feraient penser à des grandes orgues de la vie, à la merci variable du vent allant du nordait au suroît, du suête au noroît, à de grandes orgues qui enregistraient pour nos aïeux l'entrée et la sortie du Dieu-soleil et qui conseillaient tour à tour au primitif le geste des semailles comme aussi le geste de la faulx de silex, aiguisée sur le polissoir sacré qui désignait le Nord.
Symboles d'équilibre et liberté, ces menhirs constituent dans leur ensemble un monument coupolé par le ciel ; voilà le témoignage, solennel de cet Âge de la Lumière où, entre l'Homme et la haute Nature s'échange cette alliance faite de l'écliptique anneau des solstices et des équinoxes, au centre vrai duquel anneau triomphait, triomphe encore et triomphera toujours, au centre de la nuit, le sublime bijou de l'Etoile Polaire.
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ruines du Manoir de Saint-Pol-Roux devant la mer d'Iroise
par Rosalie
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Samedi 20 septembre 2008
Fanny Bury Palliser Mon voyage en Bretagne, Carnet de route 1867-1868
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La Pompe, ou, comme on l'appelle, la fontaine du duc Pierre, de style renaissance, est donc plus récente. Elle se compose de trois bassins circulaires disposés en gradins. Sur celui du bas des hippocampes soutiennent de leurs ailes le second dont les Naïdes portent le troisième, au sommet duquel se trouve une représentation de la Vierge, les bras ouverts.
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Ce qu'en dit  Anatole Le Braz dans "croquis de bretagne"
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.. sa "Pompe" ensuite, ornée de Sirènes aux mamelles jaillissantes qui égaient la Grand'Place de la cristalline chanson des sources et tendent aux lèvres des pélerins leur intarissable fraîcheur ;
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J'ai vu un routard boire l'eau de la fontaine cet été, j'espère qu'il n'est pas tombé malade
par Rosalie
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